Didier Baude travaillait dans l'amiante au début des années 80. Il veut attaquer son ancien employeur.

Publié le par patricemichel

 
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Jeudi 15 décembre 2011 à 06h00
Par gilles guitton
   
     

Bègles Didier Baude travaillait dans l'amiante au début des années 80. Il veut attaquer son ancien employeur.  Didier Baude : « À 50 balais, on a un corps de 80 ans ». photo « Sud Ouest »

Didier Baude : « À 50 balais, on a un corps de 80 ans ». photo « Sud Ouest »

«Ce qui me met le plus en colère, c'est que la boîte qui nous a envoyés au tapis fait maintenant des fortunes dans le désamiantage, alors qu'elle a gagné plein de fric en posant de l'amiante pendant des années ! Ils devraient le faire gratuitement ! »

Ce coup de gueule, Didier Baude le lâche entre deux cigarettes, allumées comme un défi à la maladie qui le ronge, à 54 ans. Une asbestose qui sclérose sa plèvre et qu'il attribue à son travail dans une société d'isolation du bâtiment il y a 30 ans… Et qui a été diagnostiquée le 17 février 2011 seulement.

« J'ai travaillé chez Wanner Isofi, une filiale de Saint-Gobain, durant dix-sept mois, du 1er août 1981 au 15 décembre 1982. J'étais manœuvre. On faisait du flocage de parkings souterrains. On était dans un espace clos, dans un nuage de poussière ; on ne voyait pas à un mètre. Il y avait des spots de 800 ou 1 000 watts. On avait des protections ridicules, un masque de papier qui se bouchait au bout d'un quart d'heure. Mon travail était d'ouvrir des sacs de poudre d'amiante et de la mélanger au liant, dans une espèce de lessiveuse à broyeur. Le collègue qui était avec moi est mort. Mon chef de l'époque, on l'appelait Le Gitan, on m'a dit qu'il était mort. En 1982, tellement le travail était dégueulasse, j'ai arrêté. »

Mais sept ans plus tard, alors qu'il a trouvé un emploi de chauffeur de bus, première alerte : « J'ai fait un malaise au volant. C'était le début. J'avais mal aux poumons depuis 1987-1988, mais les radios ne décelaient rien. Je fumais beaucoup, mais les médecins me disaient que ça n'avait rien à voir, que c'étaient les plèvres », poursuit le Béglais.

Il attribue aussi à l'amiante des pertes de mémoire, une mauvaise tolérance au froid, à la chaleur, des pertes d'équilibre.

« 73 euros par mois »

Didier Baude a fait une demande auprès de la Sécurité sociale pour la reconnaissance de sa maladie professionnelle. « Elle a accepté, mais à un taux ridicule de 10 %. Elle me donne 73 euros par mois. Je veux 80 %, comme tous les autres. J'ai perdu vingt-trois ans de carrière, alors que j'étais bien chez Citram. Ça brise une vie, ça. On a des corps de 80 ans à 50 balais ! »

L'ancien floqueur vit aujourd'hui, avec 750 euros par mois, dans un petit apparemment de la cité Thorez. Il espère une opération chirurgicale. « C'est ça où la mort. On doit tous mourir un jour, mais là, c'est une mort violente ! »

Sa vie est aussi passée un temps par la rue, des nuits dans sa voiture « sur le parking du centre social ». Bien des galères. Auraient-elles eu lieu sans l'amiante ? Ont-elles porté leur part de la dégradation de sa santé, au-delà de l'asbestose désormais établie ? On sait que c'est très souvent un axe de défense des entreprises mises en cause pour atténuer leur responsabilité.

Le quinquagénaire a choisi une avocate pour obtenir des dommages et intérêts de son ancien employeur. Il n'est pas le premier. La société qui l'employait figure sur de nombreuses procédures analogues, jusqu'en Cour de cassation, selon les sites Internet d'associations spécialisées dans la défense des victimes, comme Allô Amiante ou l'Andeva.

Georges Arnaudeau, d'Allô Amiante, met en garde : « Ce sont des procédures très longues. Il ne faut pas se tromper. »

 

SOURCE :SUD-OUEST

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Gaël 22/06/2012 19:44

Tu abuse grave là mec, franchement, c'est pas après 16 mois que tu attrapes cette maladie, je pense plutôt que tu abusé de tabac alors avant de mettre en procédure une entreprise réfléchis à ce que
t'a fait quoi.