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La bataille de Solferino, le 24 juin 1859, Henri Dunant, et la Croix Rouge…

Publié le par patricemichel

La bataille de Solferino, le 24 juin 1859, Henri Dunant, et la Croix Rouge…

 

Henri Dunant est né le 8 mai 1828 à Genève, il est mort le 30 octobre 1910 à Heiden. Ses parents sont des protestants convaincus et très engagés.
Lui, Henri Dunant fait partie d’un courant religieux protestant qui est désigné sous le nom de «réveil», organisera des réunions pour étudier la Bible et s’engage d’une manière pratique pour des besoins sociaux évidents de la société genevoise...

Plus tard ses affaires le conduisent à vouloir rencontrer Napoléon III, mais il est en Italie, Henri Dunant va s’y rendre, et il arrive pour la bataille de Solferino…

On est vendredi 24 juin 1859. 320 000 hommes se ruent les uns contre les autres.
Ils se massacrent au canon, au fusil, à la baïonnette, au sabre, avec les mains nues. Pendant quinze heures, Français et Italiens jettent toutes leurs forces pour vaincre les Autrichiens qui occupent le nord de l'Italie depuis 1815, 30 à 40 000 hommes sont mis hors de combat.
Pour dire vrai, les états-majors ne se soucient guère du sort des soldats morts ou blessés. Un homme tué, ça se remplace gratuitement, alors qu'un cheval, il faut l'acheter ! C'est donc en toute logique que les armées de cette époque engagent moins de chirurgiens que de vétérinaires. Quant aux infirmiers, ils sont presque inexistants.

Plusieurs jours après les combats, on trouve encore des blessés qui agonisent là où ils sont tombés : pas de soins médicaux, rien à manger, rien à boire sauf l'eau immonde des flaques. Bref, juste de quoi mourir dans de terribles souffrances physiques et morales.

A l'arrière, de la bataille dans les villages les plus proches du champ de bataille, l'organisation des secours laisse à désirer. A Castiglione par exemple, les blessés arrivent par milliers. Une pagaille extraordinaire règne partout. Du fait que l'intendance n'a pas prévu d’hôpitaux de campagne, on installe ceux qui ont besoin de soins dans tous les locaux disponibles : églises, couvents, maisons particulières. Naturellement, il n’y a pas de lits. Juste un peu de paille, vite souillée par les excréments humains que personne ne nettoie. Il règne une odeur pestilentielle due au pourrissement des blessures. A cela s’ajoutent les râles insoutenables des moribonds et les hurlements de ceux que l’on ampute, à vif, car les anesthésiants manquent aussi. Les médicaments sont vite épuisés, De même les pansements. Devant tant de détresse, la population improvise des secours ; mais elle soigne de préférence les blessés du camp vainqueur. S'il manque de place, par exemple, on sort les Autrichiens mourants qu'on jette dans les fossés.

C’est là qu’intervient Henri Dunant, qui ne vient là que pressé par ses affaires il a besoin de rencontrer l’empereur Napoléon III.
Ses Affaire ?: tant pis pour l’instant, il va se transformer en bon Samaritain. On l’appellera «l’homme en blanc» car il est en tenue blanche d’été.

Dans une grande église il organise un hôpital, c’est «Chiesa Maggiore» où il y a plus de 500 blessés, qu’Il soigne tant bien que mal, sans distinction de nationalité «tutti fratelli» «ils sont tous frères»
Avec son argent personnel, il achète de l’étoffe, des pansements de la nourriture et des «cigares» pour lutter contre les odeurs qui empestent l’église…
Il ne sera pas le seul à s’engager dans ce combat pour le bien, Philippe Suchard, (fondateur de la célèbre marque de chocolat) se dévoue aussi, de même un médecin Suisse Louis Appia collecte des médicaments et délaisse sa clientèle de Genève…

Mais un seul homme n’oublie pas ces horreurs, un seul se met en tête de trouver une solution, pour secourir les laissés pour compte des batailles…
Ce cas unique, c’est Henry Dunant !....
Oui il n’arrive pas à oublier les hurlements d’agonie, les blessures où grouillent les vers, l’odeur pestilentielle, il décrit ce qu’il a vécu dans un livre qui est édité en octobre 1862 «Souvenirs de Solferino»

Et il lance alors un triple appel :
1- Il faut «pendant une époque de paix et de tranquillité, constituer des sociétés de secours dont le but serait de faire donner des soins aux blessés, en temps de guerre, par des volontaires zélés, dévoués et bien qualifiés pour une pareille œuvre».
2- «Il faut donc des infirmiers et des infirmières volontaires, diligents, préparés et initiés à cette œuvre, et qui, reconnus par les chefs des armées en campagne, soient facilités et soutenus dans leur mission».
3- Il faut que les gouvernements formulent quelques principes internationaux, conventionnels et sacrés, lesquels, une fois agréés et ratifiés, serviraient de base à des Sociétés de secours pour les blessés dans les divers pays de l'Europe».

Gustave Moynier, juriste de Genève vient le voir et lui offre le soutien de la société genevoise d’utilité publique qu’il préside, et plusieurs de ces membres influents (dont le Général Dufour) s’y engagent de suite…Une commission est crée pour examiner les propositions d’Henri Dunant….


La convention de Genève.
Gustave Moynier et le général Dufour jettent leur crédit dans la balance. Grâce au Général le gouvernement Suisse est acquis, de plus il interviendra auprès de l’Empereur Napoléon III qui fut son élève…
La partie se joue surtout à Paris, car les armées Françaises viennent de remporter des batailles impressionnantes. Ainsi nous pourrions dire que : Grâce à de bonnes introductions auprès de l'empereur, grâce à l'enthousiasme qu'il suscite dans les salons de l'aristocratie, grâce à l'à-propos de ses démarches auprès du gouvernement, le secrétaire du Comité international amène la toute-puissante France d'alors à cautionner le projet d'une réunion diplomatique à Genève. Ajouté à cela les excellents contacts qu'Henry Dunant a su entretenir avec la Hollande et plusieurs cours germaniques (Prusse, Saxe, Bade, Wurtemberg, etc), le succès semble assuré.

La Suisse accueille un véritable congrès diplomatique, le premier d’une longue série de réunions mondiales du 8 au 22 août 1864. Les délégués de 16 états élaborent la «convention de Genève» Seulement 12 la signeront. Mais dans les années suivantes 19 nations y adhéreront.

Le Comité International de la Croix rouge le «CICR» nom qui sera donné en 1875 dispose d’une base légale reconnue par les principales puissances européennes. A l’époque, l’Europe est le centre du monde….

Henry Dunant sera avec Frédéric Passy ceux qui recevront le premier prix Nobel de la paix, en 1901.

 

SOURCE : La bergerie

Publié dans HUMANITAIRE

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